03 juin 2008
LES "RECONSTRUCTEURS" DU PARTI SOCIALISTE
Un souffle d'espoir sur l'avenir...
Le 1er juin, un certain nombre de pontes du Parti Socialiste, de courants divers, parfois opposés, se sont rassemblés pour réfléchir à l'avenir.
Par avenir, il faut bien entendu entendre "Congrès du parti à l'automne" et "désignation du nouveau Secrétaire national".
Je dois avouer être très enthousiaste à l'idée d'un nouveau pôle, celui des "Reconstructeurs", celui de la "Toisième Voie".
Enfin l'accent est replacé sur les valeurs qui nous unissent et que nous souhaitons défendre.
Enfin les discours parlent de "gauche" et de "consensus".
Exit les ambitions personnelles, exit les batailles sémantiques autour du mot "libéralisme"...
Exit Ségolène Royal, en laquelle je n'ai jamais cru.
Exit Bertrand Delanoë, auquel j'ai pu croire un moment mais qui, de plus en plus, semble tout autant éloigné de la phraséologie traditionnelle.
Place à un courant nouveau !
Mais peut-on être vraiment aussi enthousiaste que cela ?
Les "Reconstructeurs", c'est d'abord et avant tout un groupe hétéroclite, composé de membres de l'aile gauche du PS, de traditionnalistes, et de membres sociaux-démocrates, pour ne pas dire "sociaux-libéraux". C'est un assemblage artificiel de personnalités et d'idées historiquement opposées : DSK, Fabius, Montebourg (qui a délaissé Ségolène), Martine Aubry...
Alors quel avenir pour cette nouvelle entité ?
1) Quel programme mettre en oeuvre ? Il est évident que le premier risque, dans de telles conditions, est celui de n'aboutir, d'un point de vue théorique et programmatique, à rien de satisfaisant, à rien de cohérent. Pourtant, si les stratégies diffèrent, les valeurs sont communes.
2) Quelles perceptions du monde ? Pour prolonger l'idée évoquée précédemment, il faut s'interroger sur les perceptions économiques des différents courants impliqués : si un consensus peut naître assez rapidement sur des points aussi divers que l'éducation ou la justice sociale, il en sera peut-être autrement sur des points plus sensibles mais non moins importants, comme l'économie.
3) Quel objectif ? Il faut espérer que ce pôle des "Reconstucteurs" n'a pas pris forme que pour s'opposer au (si médiatique) duel annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Il est tout de même étrange de retrouver soudainement côte à côte les adversaires d'hier, en particulier Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Il est étonnant d'y retrouver aussi ceux dont les prétentions s'affichaient, certes mollement, dans les couloirs de Solférino. Il faut espérer qu'il ne s'agit pas que d'un artifice pour permettre, sous couvert d'une stratégie collective, aux stratégies individuelles de s'épanouir.
4) Quel danger ? Après la défaite aux élections présidentielles, après la victoire inexploitée des élections municipales, l'heure est à la rénovation, à la reconstruction. Il faut se méfier de tout combat interne, fratricide, qui déchirerait un peu plus le Parti, qui le saignerait plus profondément.
5) Quelles alliances ? Les sympathisants et militants socialistes prônent un retour aux valeurs traditionnelles du socialisme, de la "gauche". Quelle sera la place de cette gauche au sein de cette union "des gauches", dont certains représentants sont ouvertement favorables à un rapprochement avec le centre-droit de François Bayrou et son feu Mouvement Démocrate ?
6) Quel leader ? C'est probablement la question à laquelle il est le plus difficile de répondre : Qui pour mener la barque ? DSK laissera-t-il sa place à Fabius, et inversement ? Montebourg, jeune loup aux dents longues ne voudra-t-il pas se frayer un chemin ? Martine Aubry, victorieuse à Lille grâce à une alliance avec le Modem et pourtant ovationnée lors du meeting, peut-elle rassembler derrière son nom les travailleurs déçus des 35 heures ?
7) Quel présidentiable ? La question n'a pas encore été posée clairement au sein du Parti Socialiste : le futur secrétaire national aura-t-il vocation à être le prochain candidat socialiste aux élections présidentielles ? Si oui, les "Reconstructeurs" sauront-ils s'unir, durant les 9 mois qui restent derrière un même nom, qu'ils assumeront de porter et de soutenir pendant les 4 années à venir ?
Je loue l'initiative des "Reconstructeurs". Je place beaucoup d'espoirs en leur travail et en leurs capacités à refonder la gauche. Mais cette initiative pose presque plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.
Je suis très sceptique sur leur capacité à rassembler des courants qui se déchirent.
Je suis très sceptique sur leur capacité à rénover l'idée d'un socialisme traditionnel attendu par un grand nombre de personnes, certes de gauche, mais désorientées.
Pourtant, en 1971, Mitterrand l'avait fait... mais c'était Mitterrand.
13:40 Publié dans Politique : PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, parti socialiste, reconstructeurs, dsk, fabius, aubry, delanoe
23 mai 2008
UN ELEPHANT DU PS, CA TROMPE, CA TROMPE...
La déclaration de "candidature à l'investiture" de Ségolène Royal relance la triste polémique qui mine le Parti Socialiste depuis des années, depuis en fait que Mitterrand l'a laissé aux mains d'Hommes et de Femmes incapables de rassembler derrière leurs noms ou leurs bannières.
La date du Congrès est à peine connue, mais chacun cherche à se placer en leader potentiel, qui par une déclaration de candidature, qui par une interview télévisée, qui par la sortie d'un livre... On se regarde, on s'observe, on stratégise... mais on oublie le principal : le Parti et ses militants de base.
Alors ils sont tous là, en embuscade, au chevet du Roi en attendant que celui-ci soit définitivement mort :
Ils sont là, jeunes loups et vieux quiquagénaires de la politique, revanchards ou carriéristes : Ségolène Royal, Martine Aubry, Julien Dray, Manuel Valls, Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici, Claude Bartolone, Dominique Strauss-Kahn...
Ils sont là, hommes de l'ombre fidèles, prêts à enfin tenter l'aventure pour eux-mêmes : Vincent Peillon, Arnaud Montebourg...
Ils sont là, oubliés du peuple, déchus d'hier ou retraités autoproclamés : Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius...
Et voilà l'image que donne toujours et encore le Parti Socialiste : un Parti déchiré par les querelles intestines et personnelles, par les ambitions, par les envies de revanche personnelles.
Mais l'image que l'on aimerait garder de cette profusion de candidats potentiels ou déclarés, c'est celle d'un parti riche en idées, en débats, d'un parti en pleine mutation, d'un parti ouvert et démocratique.
Sarkozy est en train de détruire tout ce à quoi nous avons rêvé, tout ce pour quoi nous nous sommes battus. Et qu'obtient-il en retour ? Une opposition molle et divisée, qui n'arrive même pas à tirer profit ses victoires et qui ne propose rien de meiux que ce qu'elle combat.
Vivement l'automne, qu'on en finisse !
09:10 Publié dans Politique : PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, ump, parti socialiste, segolene royal, sego, delanoe, dsk
02 avril 2008
APPEL DU "TRAIT D'UNION"
"Le congrès du Parti socialiste est convoqué. Ses décisions impliqueront l'avenir de la gauche et par là même celui du pays. Il ne saurait se réduire à une compétition de personnes en vue de l'élection présidentielle qui aura lieu dans quatre ans ! Surtout si cette compétition doit donner une illusion de choix alors que les orientations politiques de chacun seraient quasiment identiques. Il n'est pas vrai qu'il n'y a qu'une orientation possible et crédible à gauche ni que face aux destructions sociales et écologiques du capitalisme de notre temps, la modernité soit du côté de la ligne sociale-démocrate ou démocrate.
Celle-ci est partout en impasse dans le monde. Ni nostalgie, ni fuite en avant. Il ne faut pas engager le PS français plus loin dans cette voie qui conduit tant de partis sociaux-démocrates à gouverner aujourd'hui avec la droite. Le PS ne doit pas encenser davantage l'économie de marché et faire du capitalisme un horizon indépassable. Surtout au moment où celui-ci entre dans une crise autodestructrice dont les conséquences s'abattent sur les salariés et les sociétés. Pour qu'un autre futur soit possible, ce débat doit s'engager clairement et publiquement, non seulement entre socialistes mais devant le pays.
Cette question se concentre sur des choix concrets. Quelques uns surgissent de l'actualité immédiate.
Luttons-nous contre la financiarisation de l'économie ou bien accumulons-nous les voeux pieux sur la nécessité de « réguler le marché » au moment où des socialistes français dirigent les principales institutions de la mondialisation économique ? Quel rapport de forces construisons-nous avec le capitalisme ? Et quand il faut passer au compromis avec le capital, quelle logique favorisons-nous ? Celle des secteurs financiers ? On en connaît le prix : dictature du court terme, abaissement des acquis sociaux, destruction des services publics, traité de Lisbonne. Ou celle des secteurs productifs réels ? Sinon comment négocier les salaires, les conditions et le contenu du travail, les qualifications en vue de l'intérêt général ?
Faut-il procéder à la refonte républicaine des institutions et de la société française ou bien continuer les bricolages sur la constitution de la Cinquième République ? Comment organisons-nous l'intervention populaire dans les choix politiques, depuis leur élaboration jusqu'à leur mise en oeuvre ? Faut-il étendre l'exigence de laïcité à de nouveaux secteurs de la vie en société ou bien faut-il se résigner à ouvrir des espaces publics aux injonctions des religieux ?
Affronte-t-on la crise écologique en réorientant impérativement la production et ses contenus ou bien se contente-t-on d'organiser les droits à pollution ?
Eradique-t-on la pauvreté ou bien organise-t-on son soulagement ? Inversons-nous la clef de répartition des richesses entre capital et travail ou bien modérons-nous la ponction des profits ?
Affrontons-nous le modèle libéral de construction européenne ou bien y consentons-nous ? Participe-t-on à la politique impériale des Etats-Unis ou bien affirme-t-on l'indépendance militaire et diplomatique de la France dans le monde ?
Et pour former une majorité nouvelle en France, quelle alliance politique et sociale faut-il former ? Avec le centre ou avec toute la gauche sans exclusive ? Les deux ne sont pas possibles en même temps. L'exemple italien en atteste. En France, les élections municipales récentes n'ont pas davantage démontré l'efficacité électorale de l'alliance avec le Modem. Au contraire. C'est pourquoi nous optons au niveau national pour la méthode mise en oeuvre avec succès dans de nombreuses localités : un front de gauche sans exclusive sur la base d'un programme de gouvernement commun.
Nous respectons la contradiction des analyses qui s'expriment sur tous ces sujets au Parti socialiste. Elle concentre les enjeux de notre temps pour la gauche comme pour la société. Seule une confrontation franche et sérieuse, un débat exigeant, rend possible l'action efficace. Encore faut-il que tous les points de vue soient représentés pour que le débat soit possible.
Dans ce contexte, on voit bien se présenter dans le débat des socialistes les diverses nuances du point de vue démocrate et social-démocrate dominant en Europe. On connaît ses nombreux candidats. Mais le programme de la gauche d'alternative qui a pourtant permis les victoires aux élections nationales dans le passé, est absent. La gauche du Parti socialiste est muette. Elle est balkanisée. Du coup elle semble aujourd'hui hors jeu. Dès lors, elle porte une responsabilité dans le rabougrissement du débat d'orientation des socialistes. Elle en sera même la première coupable si elle renonce à s'exprimer et à proposer ses idées. La gauche du Parti socialiste doit s'assumer. Elle doit porter dans le Parti socialiste le programme de gauche qui répond à l'urgence sociale et politique. Le sort réservé à cette gauche au PS sera un révélateur.
Jusque-là le PS était un lieu nourri par les différentes cultures de la gauche française. Est-ce encore le cas ? Ou bien le PS n'est-il plus qu'un parti de centre gauche, uniformisé, imperméable à l'urgence sociale, conformément au modèle dominant en Europe ?
Pour notre part, nous prendrons l'initiative du texte et des candidatures qui permettent à l'alternative de gauche de s'exprimer. Nous le ferons avec autant d'autres que possible. Nous le ferons seuls si nécessaire. Nous allons donc agir et nous rendre disponibles pour qu'un regroupement de toutes les gauches du Parti socialiste devienne possible. Un regroupement sans exclusive ni a priori. Tourné vers les convergences pour l'avenir plutôt que vers les divergences du passé.
En socialistes nous disons : l'avenir, ce n'est pas ce qui va se passer mais ce que nous allons faire."
Appel publié par "LE TRAIT D'UNION" sur www.trait-dunion.org (Le Trait d'Union est une sensibilité du Parti Socialiste qui s'est affirmée en particulier lors de la campagne pour le Non à la Constitution européenne).
21:30 Publié dans Politique : PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, congres, petition, modem, social democratie, gauche






