24 octobre 2007

GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT

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Le "grenelle de l’environnement" touche à sa fin. Au compte-goutte apparaissent les idées, les propositions d’actions échafaudées par les différents groupes de travail.

Je n’ai pas voulu, contrairement à nombre d’acteurs nationaux ou locaux de la vie politique, m’exprimer sur ce sujet avant de connaître les conclusions des membres du grenelle de l’environnement.

Les mesures destinées à mobiliser les Français commencent à arriver et, à titre tout à fait personnel, je veux prendre le temps d’évaluer l’intérêt de chacun d’entre elles.

Pourtant, internet et la blogosphère regorgent de sites et de blogs où chacun y va de son laïus écolo, de sa virginité retrouvée, où chacun se proclame « champion de l’écologie », où chacun se revendique « écologiste » bien plus convaincu que Nicolas Hulot lui-même.

Et chacun y va de sa petite action, pour se donner bonne conscience certainement.

L’écologie ne doit pas être un prétexte moral, l’écologie ne doit pas être un combat fratricide : l’écologie doit être une volonté commune de changer la vie, de changer notre modèle de vie.

Il ne sert à rien (ou presque) de réduire la vitesse des voitures si en même temps on ne donne pas les moyens de développer le transport ferroviaire.
Il ne sert à rien (ou presque) de taxer les 4x4 polluants si en même temps on augmente de manière déraisonnée le trafic aérien.
Il ne sert à rien (ou presque) de planter un arbre si en même temps on ferme les yeux sur la déforestation économique de l’Amazonie.
Il ne sert à rien (ou presque) d’écrire sur du papier recyclé si on laisse nos boîtes à lettres vomir ces quantités de prospectus qu’on ne lira jamais.
Il ne sert à rien (ou presque) de planter du colza ou de la canne à sucre pour fabriquer du carburant vert si en même temps on protège les lobbies pétroliers.
Il ne sert à rien (ou presque) d’éteindre la Tour Eiffel si en même temps on laisse les néons des zones industrielles allumés.
Il ne sert à rien (ou presque) d’éteindre la lumière de sa maison une heure si en même temps on éclaire les édifices publics toute la nuit.


Nous sommes tous responsables devant le pillage des ressources de la planète.
Tous, et pas seulement le voisin, ce voisin qui roule en 4x4, ce voisin qui prend l’avion, ce voisin qui se chauffe au fuel… Nous aussi, par notre voiture, si pratique pour aller au travail ; par notre télévision, notre magnétoscope, notre lecteur DVD, si pratiques pour occuper nos froides et longues soirées d’hiver ; par notre radiateur qui porte la chaleur de la maison à 20°C où 19°C suffiraient ; par nos ampoules électriques…

Nous sommes tous responsables. Et pas seulement les USA ou la Chine, par leurs industries polluantes, par leur égoïsme économique, par leur inconscience chronique.

J’ai toujours été stupéfait par l’existence même de « partis écologistes ». Et, au risque de faire sursauter quelques amis du Nouvel Elan Portois, je dois admettre que la seule idée qu’il y ait des partis de défense de l’environnement et de préservation de la planète me semble saugrenue ! En effet, l’écologie se doit, à mon sens, d’être au-delà de toute pensée politique, au-delà de tout appareil politique. L’écologie doit être une préoccupation de tous et non de certains.


L’écologie est-elle être de droite ou de gauche ? L’écologie doit-elle plus être une valeur de gauche que de droite ?

 
98b07d06df071d1f70912d923430785a.jpgD’aucuns prétendront que l’écologie ne peut pas être de droite (le développement économique à outrance, l’industrialisation, la mondialisation, l’ouverture des marchés, la grandissante nécessité de transport de marchandises, le rôle prépondérant  du pétrole ainsi que d’autres richesses naturelles dans l’économie mondiale…). Par ses valeurs fondamentales, puisées dans le puits des profits financiers, la droite s’opposerait au respect de l’environnement, l’exploitation des richesses de la Terre ?

D’aucuns diront également que l’écologie est une valeur de gauche (le respect de la biodiversité, le respect de l’ensemble des êtres vivants, du monde animal, végétal, humain, le respect et le partage des ressources entre générations présentes et générations à venir, le respect des contraintes locales et des travailleurs de la Terre…) Par ses valeurs fondamentales, puisées dans le profond respect de l’autre, dans la solidarité et dans le partage, l’écologie serait une valeur de gauche ?

Et pourtant, je ne veux pas croire en une telle dichotomie. D’un côté les bons, de l’autre les méchants ? Non ! L’écologie doit être une préoccupation (et non un prétexte de bonne conscience) de chaque instant, et ce, quelle que soit l’obédience politique de chacun.

Au niveau d’une municipalité comme la nôtre, le développement durable et la protection de l’environnement ont également toute leur place. Les actions à mener sont nombreuses et ne sont pas forcément en opposition avec le développement économique, intergénérationnel, culturel ou touristique de la ville. Les actions à mener sont nécessaires, elles ne seront peut-être pas de grande envergure mais elle contribueront à rendre la ville plus propre, plus verte, plus respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.

David Sarrado